English

Bandit, le protagoniste d'Aviantics, 1986-2005

"Je suis vraiment désolée"
Soins palliatifs
Euthanasier ou pas
Merci Bandit


L'approche de la 5e saison

Printemps 1986, je termine tout juste mon bacc. à l'université de Sherbrooke et reviens à Montréal. Je prévois quelques années de stabilité et décide enfin d'acheter une calopsitte. Ainsi le beau Bandit entre dans ma vie.

Bandit a six mois.


Bandit a environ six mois me dit-on. Tout doucement, on s'apprivoise l'un et l'autre. J'installe une grande branche d'érable dans un grand pot de fleur. Je lui fabrique le premier prototype de la balançoire géniale. On mange ensemble, on dort ensemble à l'occasion, moi sur le divan et lui sur l'appui bras. Deux ans plus tard, je lui présente sa petite Loulou, puis, il y a déjà six ans, le beau Buddy. On se promène de Sherbrooke, à St-Lambert, à Vancouver, à Montréal. On se bécote, on prend l'air frais au jardin, d'un regard on se comprend.

Aujourd'hui en juillet 2005, je sais que la fin de notre belle relation approche à grands pas. Depuis environ 6 mois je dis que Bandit en vieillissant ressemble de plus en plus à mon père à la fin de sa vie; il dort de plus en plus le jour. On se lève, on déjeune, on se douche, on joue, puis on fait dodo. Buddy, son copain adopté, commence à surveiller Bandit de près. Il s'énerve si je m'approche trop de Bandit.


Haut de page 


« Je suis vraiment désolée »

Il y a deux semaines, je remarque que les fientes de Bandit se font beaucoup moins fréquentes, la semaine dernière je le voie forcer très fort, mais sans succès. Il mange bien et son plumage est encore très beau. J'appelle tout de même mon vétérinaire qui me donne rendez-vous la journée même. Elle remarque que Bandit a une masse au ventre. Son poids est passé de 99 gr. à 113 gr. depuis son examen annuel de l'année précédente. La radiographie montre une masse importante sur son rein. Cette masse pousse et coïnce son système digestif ce qui explique les difficultés à évacuer.

Bandit est condamné. C'est un cancer et on ne peut rien y faire. « Il mange bien, son plumage est beau. Ramenez-le chez-vous, gâtez-le, prenez-le temps de vous faire à l'idée. Je suis vraiment désolée. »

Nous rentrons à la maison avec mon gros toutou. Quelques jours plus tard, il commence à trébucher. Je suppose que la masse appuie sur le nerf sciatique. Il se gratte souvent derrière la patte droite.

Haut de page 


Soins palliatifs

Je fais le tour des pharmacies et trouve le Traumeel®, un anti-inflammatoire liquide. Je confirme son utilisation avec le vétérinaire qui me donne le dosage et suggère une diète plus liquide pour l'aider. J'en mets dans son auget d'eau et lui en offre sur le champ. Cinq minutes plus tard, il reprend du poil de la bête. Il respire mieux, sort de sa cage et se promène sur le plancher. Il visite tous ses coins préférés. Buddy le suit, lui donne des bécots, lui apporte un cure-dents pour jouer. J'ai le coeur dans la gorge.

Je reste près de lui, le surveille. Il sent ma présence. Il ne veut pas rester sur moi mais près de moi. Buddy est très inquiet et me laisse approcher de Bandit. Au moment où j'écris ces lignes, Bandit éprouve de la difficulté à respirer, et se repose au fond de sa cage...

Haut de page 


Euthanasier ou pas

Comme l'oiseau cache toujours sa douleur, on ne sait pas vraiment à quel point il souffre. Devrais-je le faire euthanasier ou pas? Et voici les questions d'ordre moral qui surgissent. J'ai toujours pensé que j'y aurais recours pour mes petits amis. Mais voilà, l'heure arrive et je ne sais plus que faire. Personne ne peut me le dire. Bandit m'appartient. L'amener à la clinique, pour mourir dans un environnement stérile, froid avec des étrangers? Buddy le cherchera longtemps. Trouver un professionnel qui viendrait à la maison? Au moins il n'aurait pas à subir un voyage qu'il n'est plus capable de faire.

Photo de la dernière heure.

Dix-neuf belles années à construire, maintenir, prendre plaisir dans une belle relation de confiance totale. Ai-je le droit, moralement, de trahir sa confiance et de mettre fin à ses jours? Bandit m'appartient disais-je? Non il s'appartient. La nature me l'a confié pour quelques années, de belles et merveilleuses années à s'aimer, à se comprendre à mi-mot.

Tu adoptes un animal, tu as affaires à apprendre à lire le non-verbal pour mieux interagir, pour mieux respecter, pour mieux supporter, pour mieux aider, pour mieux aimer. Merci Bandit, tu m'as appris beaucoup de choses.

Haut de page 


Merci Bandit

Nous avons eu 19 belles années ensemble. J'ai tout plein de beaux souvenirs de lui. Tant que je ne l'oublierai pas il vivra. Bandit est comme un phare dans la tempête. Il reste toujours très calme au milieu des chamaillages des perruches, des demandes de Buddy et des racontards de Chipper. Bandit est un oiseau costaud, solide et fort, dans tous les sens du mot. Merci Bandit d'avoir partagé ta vie avec moi. Je ne t'oublierai jamais mon gros toutou.

Copyright 2007 © Aviantics. Touts droits réservés.
Développé par Les Technologies Reweb Inc.